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L'amiral Thierry d'Argenlieu

    L'amiral Georges Thierry d'Argenlieu est né le 7 août 1889 à Brest.

C’est un amiral et un prêtre religieux carme français, combattant de la France libre.

    Après des études au collège Stanislas à Paris et au lycée Saint-Charles à Saint-Brieuc, il entre à l'École navale en octobre 1906.

    Il devient officier de marine peu avant la Première Guerre mondiale. Il quitte la marine à la fin de celle-ci pour entrer dans les ordres.

   

    En septembre 1939, il est mobilisé dans la Marine comme officier de réserve et rejoint Cherbourg où il est fait prisonnier lors de la défense de l'arsenal le 19 juin 1939,

    Il refuse cette fatalité et s’évade lors de son transfert vers l’Allemagne quelques jours plus tard.

    Voilà comment il raconte son évasion et son état d’esprit :

    « L’itinéraire, un quart d’heure à peine écoulé, nous faisait passer au pied de la colline du Roule, au pied du mat de pavillon tout blanc, paré de la croix gammée victorieuse […] Et nous, nous cheminions vers l’Allemagne, prisonniers de guerre, ayant si peu combattu ; nous nous en allions par les routes normandes, par nos routes familières, si belles et si chères.

    Ce fut la minute divine et libératrice.

    En un clin d’œil se récapitulait tout le drame ; avec une clarté aveuglante, une acuité extraordinaire s’affirmait son sens authentique, évident à l’excès.

    « Je n’ai pas le droit ne rester dans ce camion. Il faut en partir, il faut redevenir libre, pour la France, pour le succès de ses armes, pour reprendre et poursuivre le bon combat. »

    Homme de réflexion plus que d’intuition, j’expérimentais ce qu’est la grâce d’une intuition, sa force dominatrice, entraînante au point de ne faire qu’un avec la décision.

    De vrai, j’étais décidé : « Il faut m’évader. »

    Un grand calme se fit. Et je combinai mon départ, seul avec moi-même, indifférent au voisinage, aux cahotements du camion, à la présence des motocyclistes ennemis sur nos flancs.

    Dans cet état d’extraordinaire lucidité s’offrit à ma mémoire une sentence de Jean de la Croix, ami si cher, saint tant vénéré.

    « Qui perd l’occasion est comme celui qui laisse l’oiseau s’envoler de sa main. C’est sans retour. »

    Voir-décider-exécuter.

    J’avais vu, décidé, restait l’exécution. »

 

    Il saute du camion et se fait aider par des paysans normands.

    Il prend la mer à Carteret et gagne l'Angleterre par Jersey où le consul de France Pinoteau lui fait connaître l'appel lancé par de Gaulle le 18 juin et la signature de l'armistice avec l'Allemagne.

    Il se souvient de sa déception vis à vis de l’état d’esprit général en France :

 

« Au demeurant, je savais pourquoi je m’étais évadé avant d’avoir rien connu de l’appel du 18 juin. Ce qui me surprenait, c’était le comportement trop généralisé de nos camarades de l’active, devenus si conformistes. J’avais été déçu, dès Cherbourg, au lendemain de la mobilisation, de ne pas trouver, même chez les meilleurs, la conviction, l’élan, la flamme qui révèlent l’homme, le chef de guerre. Aux moments difficiles, aux heures critiques surtout qui se présentent inévitablement dans tout conflit moderne généralisé, il faut des chefs de guerre pour faire face. »

 

    D’Argenlieu rencontre de Gaulle avec l’amiral Muselier le lundi 1er juillet 1940 dans la résidence provisoire du général :

     « Avant de partir je demande au Général la

permission de lui poser quelques questions. Il

s’agit en somme de précisions à recueillir.

     Le souci est de réaliser au mieux la nature

du moyen qui va permettre à des Français de

poursuivre la bataille. La réponse de De Gaulle

est nette. Présentement il s’agit bien de

constituer une légion de volontaires et de les

mener au combat sans délai.

     Nous prenons alors congé. L’essentiel est

acquis. A l’œuvre donc ! »

 

Il est nommé chef d'état-major des FNFL à titre temporaire et demande à être plutôt leur aumônier. Les officiers présents étant trop peu nombreux il garde l’uniforme et est nommé en juillet 1940 capitaine de frégate et chef d’État-major des Forces Navales Françaises Libres.

    Il part avec le général de Gaulle lors de l'expédition de Dakar en septembre 1940. Il y est grièvement blessé et doit se retirer.

 

    Thierry d’Argenlieu est nommé par le général de Gaulle premier Chancelier de l'Ordre de la Libération le 29 janvier 1941.

    Le 16 août 1945 il est nommé haut-commissaire de France et commandant en chef en l'Indochine, il doit rétablir l'ordre et la souveraineté française dans les territoires de l'Union indochinoise

    Vers 1955 il est obligé de restreindre ses activités pour des raisons de santé et, en 1958, il se démet des fonctions de chancelier qu’il assurait depuis 17 ans et se retire définitivement au Carmel.

    Le Révérend Père Louis de la Trinité, Amiral Thierry d'Argenlieu, s'éteint à Brest le 7 septembre 1964.

                                                                                                                                           Corentine

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